• Les
pygmées ont peut -être été les
premiers habitants de la Côte d'Ivoire. Dans leur
tradition orale, la plupart des peuples actuels, en particulier
les Dan-Yacouba, racontent que leurs ancêtres, arrivant
dans le pays y ont trouvé des " petits hommes
roux " qu'ils repoussèrent dans la forêt.
D'autres font état de " petits hommes bruns
", dotés de pouvoirs surnaturels auxquels il
faut faire des cadeaux pour se les concilier. On peut penser
que ces pygmées, qui ont disparu aujourd'hui de la
Côte d'Ivoire, ont été décimés,
repoussés vers l'extérieur ou complètement
assimilés.
Migrations
et royaumes
Jusqu'à une date récente, la Côte d'Ivoire
a été l'objet de grandes migrations. Les premières
commencèrent peut être au premier millénaire
avec les Sénoufo qui s'installèrent dans le
Nord. Puis arrivèrent par vagues, aux Xve -XVIe siècles,
les Malinké (appartenant au peuple Manding), lorsque
le grand empire du Mali tomba en décadence. Beaucoup
s'installèrent dans les régions septentrionales
(autour d'Odienné, Boundiali et Kong), occupant une
partie de l'ancien territoire des Sénoufo et y créant
des petits royaumes. Dans le même temps, d'autres
peuples Mandé, comme les Dan et les Gouro se fixèrent
dans l'ouest et le centre du pays, repoussant vers le sud-ouest
et la Basse-côte les peuples Krou (Wè,Bété,
Dida, etc). Au XVIIIe siècle, une partie de ces peuples
d'origine Manding appartinrent au royaume de Kong, fondé
par Sékou Ouattara, puis au XIXe siècle au
Kabadougou (autour d'Odienné, créé
par Vakaba TOURE), ainsi qu'à l'empire du conquérant
Malinké Samory TOURE ( fondé en 1880).
• Venus
du nord-est, les Dagomba (du groupe voltaïque) conduits
par le prince Bonkani occupent la région de Bouna
au XVIIe siècle, où ils fondent le royaume
du même nom, et prennent alors le nom de Koulango.
A la fin du siècle dernier, le royaume de Bouna sera
réduit à néant par les troupes de Samory
TOURE.
• Les grandes
migrations des Akans, qui commencent à la fin du
Xve siècle, sont les plus célèbres.
Ce sont d'abord les " lagunaires " (Abè,
Ebrié, Avikam, Attié, etc) qui occupent toute
la grande région autour d'Abidjan. Comme les lagunaires,
les Abron quittent l'Ashanti (actuel Ghana), soumettent
les Koulango et s'installent dans la région de Bondoukou,
où leur royaume s'organise au XVIIe siècle.
Venant aussi de l'Ashanti, une première vague Agni
se fixe en 1680 dans la région d'Aboisso et y crée
le petit royaume du Sanwi. Après la bataille de Feyiasé
en 1701, où l'empereur Ashanti Oseï Toutou écrase
les armées du Denkyira, beaucoup de vaincus Agni
quittent le Ghana et s'installent au bord de la Comoë
(région d'Abengourou). Ils y fondent leur capitale
Zaranou et le royaume du Ndenyé, qui sera bientôt
dans la sphère d'influence de l'Ashanti. Petit mais
très prospère, le Ndenyé tirait sa
richesse de ses mines d'or, puis, au Xxe siècle,
par la culture du café et du cacao.
• Chassé
du Ghana à la suite de querelles de succession au
trône de l'Ashanti, la reine Abla Pokou entraîne
le clan Akan des Assabou vers l'ouest. Selon la légende,
ils sont arrêtés par la Comoë. Mais en
sacrifiant son fils, Abla Pokou obtient de Dieu un miracle
: il fait tomber un arbre géant en travers du fleuve,
permettant le passage des fugitifs, puis relève cette
passerelle improvisée à l'arrivée de
leurs poursuivants Ashanti. En souvenir du sacrifice du
fils d'Abla Pokou, ses sujets prirent le nom de Baoulé
(" baouli " signifiant : " l'enfant est mort
"). Après avoir repoussé les Sénoufo
vers le Nord, les Baoulé se taillent un royaume dans
le centre de la Côte d'Ivoire. Installés dans
leur capitale Sakassou, au Sud de Bouaké, leurs souverains
régneront jusqu'à la fin du siècle
dernier sur un territoire qui s'était réduit
comme une peau de chagrin. En effet, à partir du
milieu du XIXe siècle, le royaume baoulé s'était
fractionné en d'innombrables chefferies indépendantes
du pouvoir central.
Les Européens
et la traite
L'arrivée des navigateurs portugais. Tandis que tous
ces peuples traversent l'Afrique de l'Ouest et s'y délimitent
des territoires, le plus souvent par la force, les premiers
Européens apparaissent dans le golfe de Guinée
à la fin du Xve siècle. Ce sont des navigateurs
portugais, dont les intentions à l'époque
étaient tout à fait pacifiques. Ainsi, en
1471, Joao de Santarem et Pedro de Escobar doublent le cap
des palmes et atteignent une rivière à laquelle
ils donnent le nom de San Andréa ( qui sera déformé
ensuite en Sassandra).
Mais avec la
découverte de l'Amérique (les Antilles) par
Christophe Colomb en 1492 et le début de l'économie
de plantation, tout change. Les indiens ayant été
décimés parce qu'ils ne supportaient pas les
travaux imposés par les conquistadors européens,
il faut trouver de la main d'œuvre. Celle-ci est toute
désignée : à partir du XVIe siècle,
les Africains seront déportés en masse vers
le Nouveau Monde. Tous les Etats européens y contribueront
en fondant des comptoirs sur les côtes africaines,
jusqu'à l'abolition de la traite négrière
au siècle dernier.
• Ce sinistre
trafic prendra le nom de " commerce triangulaire ".
En effet, le premier côté du triangle correspond
au départ d'Europe des navires négriers chargés
de pacotille (perles, miroirs, étoffes ). Ils descendent
vers les côtes africaines où ils troquent leur
marchandise contre des esclaves. Puis ils repartent sur
le Nouveau Monde (deuxième côté du triangle)
et échangent aux Antilles ou en Amérique leurs
" bois d'ébène " contre du sucre,
du rhum ou du coton. Dernier périple fermant le triangle
: le retour vers l'Europe où le rhum, le sucre et
le coton sont vendus contre de l'argent comptant. Le cycle
est terminé, le navire négrier est prêt
pour un autre voyage.
• Pendant
cette période, la côte des Males Gens (actuelle
côte ivoirienne) verra arriver à Sassandra,
Grand-Lahou et Jacqueville les traitants cherchant des esclaves
et de l'ivoire, ainsi que les premiers missionnaires. En
1687 , le père Gonsalvez fonde une chapelle à
Assinie. D'Assinie également vint le jeune prince
Aniaba, qui se rendit à Versailles où Louis
XIV en fit son filleul, le nomma officier et lui fit commander
une compagnie de cavalerie, après l'avoir fait baptiser
par Bossuet.
La colonisation
Au XIXe siècle, l'esclavage ayant été
aboli, les grandes puissances européennes cherchent
d'autres ressources à exploiter en Afrique : latex,
bois, ivoire, or et pierres précieuses. Pour en faire
l'inventaire, ils lancent des explorateurs à l'intérieur
du continent noir, qui vont signer également des
traités avec les chefs africains, plaçant
leurs territoires sous tutelle. Dès 1830, en Côte
d'Ivoire, l'officier de marine français Louis Edouard
Bouët Willaumez commence à faire signer des
traités par tous les chefs africains sur la côte
Atlantique. Quelques années plus tard, il sera suivi
par Treich-Laplène et par Binger, qui obtiendront
la signature des chefs de l'intérieur ( Abron de
Bondoukou et Dioula de Kong), dans les années 1880.
La guerre
contre SAMORY
Mais les Français vont avoir affaire à dure
partie avec l'almamy Samory TOURE , en train de se tailler
un empire en Afrique de l'ouest. Après la destruction
de Bouna par les soldats (" sofas ") du chef Malinké,
les français envoient des colonnes militaires contre
lui, en 1892 ; Défaits, les français doivent
se replier tandis que Samory TOURE détruit Odienné,
puis Kong en 1895. Après plusieurs batailles, l'almamy
est finalement capturé en 1898, puis déporté
au Gabon.
• Entre
temps, la France solidement installée à Assinie
et Grand-Bassam fait de la Côte d'Ivoire une colonie
en 1893, avec Binger comme premier gouverneur. Capitale
de la Côte d'Ivoire, Grand-Bassam est atteinte par
une terrible épidémie de fièvre jaune
et vidée de ses habitants en 1899. Bingerville lui
succède. En 1902, toute l'Afrique de l'ouest fait
partie de l'AOF (Afrique Occidentale française),
dont le gouverneur réside à Dakar. En 1934,
Abidjan remplace Bingerville comme capitale de la Côte
d'Ivoire.
Vers
l'indépendance
Lors des deux guerres mondiales, toute l'Afrique française
paiera un lourd tribut en hommes et en vivres au conflit.
Puis en 1944, la conférence de Brazzaville réunie
par De Gaulle amorce l'idée d'une autonomie possible
des colonies françaises. Après-guerre, des
intellectuels africains militent de plus en plus pour l'indépendance.
Parmi eux, le médecin ivoirien Félix Houphouet
Boigny. Il est élu député et part siéger
à l'assemblée constituante de Paris où
il fait voter en 1946 la loi abolissant le travail forcé
dans les colonies françaises. La même année,
il est un des fondateurs à Bamako du RDA (Rassemblement
Démocratique Africain) auquel appartiennent les dirigeants
africains les plus importants de l'empire français.
A la suite de provocations, les leaders ivoiriens sont emprisonnés
à Grand-Bassam, puis relâchés. En 1952,
HOUPHOUET est élu à l'assemblée territoriale,
puis entre au parlement français quatre ans après
. Durant cette même année 1956, il devient
ministre délégué en France, ce qui
lui permet de travailler à la loi-cadre sur les territoires
d'outre-mer, votée en juin 1956. Président
du grand conseil de l'AOFen 1957 et Premier Ministre, deux
ans après, de la Côte d'Ivoire, il mène
celle-ci à l'indépendance le 7 Août
1960 et en prend la présidence.
De l'indépendance
à nos jours
Dès le début, le Président de la République
s'est fixé des objectifs ambitieux : obtenir rapidement
l'autosuffisance alimentaire, diversifier les cultures afin
d'être moins dépendant du café et du
cacao et, enfin, lancer la construction de barrages permettant
l'implantation de centrales hydroélectriques.
Dans les années
70, le pays connaît ainsi, une très forte croissance
économique soutenue par les cours du café
et du cacao. Le pays lança ainsi, un plan important
d'industrialisation et de développement des infrastructures.
De 1982 à1984,
la Côte d'Ivoire rencontre sa première grande
crise économique due à l'effet simultané
de la sécheresse et de la chute des cours du café
et du cacao.
En mai 1987,
la Côte d'Ivoire se déclare insolvable face
à une dette de 4,5 milliards de francs.
En juillet 1987,
Félix Houphouet Boigny décide de bloquer les
exportations de cacao afin d'enrayer la chute vertigineuse
des cours. Cependant, cette mesure ne sera pas suivie à
la lettre et n'aura, donc, pas l'effet escompté.
Le 5 juin 1989,
le prix du cacao payé à l'exploitant passe
de 400 FCFA le kilo à 250FCFA (puis à 200FCFA
en 1990).
Le 27 septembre
1989, le pape Jean Paul II, en personne, inaugure la Basilique
Notre Dame de la Paix à Yamoussoukro.
Mars 1990, application
du plan d'austérité décidé en
1989 avec la Banque Mondiale et le FMI prévoyant,
notamment, la baisse des salaires du service public et le
prélèvement d'une contribution de solidarité
dans le secteur privé.
Avril 1990, la
Côte d'Ivoire renoue avec le multipartisme.
Le 28 octobre
1990, les élections présidentielles proclament
pour la septième fois consécutive, Félix
Houphouet Boigny, Président de la République
de Côte d'Ivoire avec plus de 80% des suffrages.
Le 7 décembre
1993, le Président Félix Houphouet Boigny
décède. La Côte d'Ivoire perd son père
spirituel. Henri KONAN BEDIE, Président de l'Assemblée
Nationale, lui succède à la tête de
l'Etat.
Le 12 janvier
1994, le Franc CFA est dévalué de 50%. Cette
mesure sera accompagnée d'une baisse des taxes douanières
à l'entrée pour essayer de limiter l'inflation.
Cette dévaluation dope les exportations.
Le 22 octobre
1995, Henri KONAN BEDIE est élu Président
de la République de Côte d'Ivoire avec 95%
des suffrages exprimés.
Le 23 décembre
1999, des militaires se mutinent pour ne pas avoir reçu
une prime suite à une mission de maintien de la paix
en Centrafrique.
Le 24 décembre
1999, le Général Robert Guéi prend
le pouvoir, annonce la destitution du Président Henri
KONAN BEDIE et dissout l'Assemblée Nationale ainsi
que certaines institutions.
Le 26 décembre
1999, Henri KONAN BEDIE accompagné du Premier Ministre
Daniel KABLAN DUNCAN et de certains dignitaires de son parti
sont évacués au Togo par les forces armées
françaises.Le 26 décembre
1999, Henri KONAN BEDIE accompagné du Premier Ministre
Daniel KABLAN DUNCAN et de certains dignitaires de son parti
sont évacués au Togo par les forces armées
françaises.
Constitution
du Comité National de Salut Public (CNSP), présidé
par le Général Robert GUEI et qui assurera
la transition jusqu'aux prochaines échéances
électorales prévues pour le mois d'octobre
2000
Le 4 janvier 2000, un gouvernement de transition est formé.
Le Général Robert GUEI est Président
de la République de Côte d'Ivoire, Président
du CNSP et Ministre de la défense.
Le 1er Août
2000, une nouvelle constitution, votée par référendum
en date du 23 juillet 2000 à plus de 86% des suffrages,
est adoptée et promulguée. Ainsi naît
la deuxième République de Côte d'Ivoire.